A – Présentation + courrier

La Compagnie Coloquinte est née de la rencontre de plusieurs comédiens amateurs autour d’un projet commun : faire de la passion du théâtre un outil de découverte et de diffusion en ayant pour visée essentielle le théâtre contemporain. C’est pourquoi la Compagnie s’est « confrontée » depuis environ une dizaine d’années aux auteurs comme Ionesco, De Voos, Rullier, Dürenmatt, Grumberg, Bonnal, Vinaver, Lagarce, Allen et récemment Mouawad.

Actuellement la Compagnie vient d’achever un cycle de 6 représentations de Willy Protagoras enfermé dans les toilettes de Wajdi Mouawad à la salle Notre-Dame de Salins-les-Bains.

La Compagnie est adhérente de la Fédération Nationale des Compagnies de Théâtre Amateur au numéro 25/3263.

 

 

A la suite de la représentation de « Willy Protagoras enfermé dans les toilettes » le 18 novembre 2106, Hubert Moreau nous a envoyé ce texte :

La Compagnie Coloquinte à la selle : Oxymore, contrepèterie

Willy Protagoras s’enferme dans les toilettes, ultime refuge. Son entourage ne comprend

pas. Ce jeune homme rebelle, amoureux, peintre naïf, saugrenu bloque l’accès des chiottes à

sa famille et aux squatteurs envahissants. Il s’enferme par amour absolu de la liberté : liberté

de création, liberté d’aimer, liberté de partir loin de l’impitoyable, risible et merdique

théâtre familial.

Jamais la Compagnie Coloquinte ne s’est donnée à voir si forte, portant avec panache son

beau nom de plante belle et purgative. On est dans l’oxymore pendant deux heures quinze.

Pour expliquer le mot si nécessaire, les gens de théâtre vous citeront Corneille : « Cette

obscure clarté qui tombe des étoiles / Enfin avec le jour nous fait voir trente voiles. »

Obscure clarté, folle sagesse, réalité virtuelle … autant d’oxymores.

Oxymores à la pelle avec Willy Protagoras et Coloquinte dans une mise en scène de

Christophe Vincent :

. Willy enfermé pour être libre

. la mère a enfanté et aimé son enfant, elle le pousse à la mort

. les pères ennemis d’abord s’unissent dans la haine

. les réfugiés accueillis se font envahisseurs

. les accueillants trahis

. les propriétaires exclus

. des dessins tracés à la merde

. des grossièretés sans nom et de la poésie

. révolte des uns et apathie des autres

. vieux cons blasés et jeunes idéalistes

. voisins sirupeux mais envieux.

Pour nous spectateurs, l’oxymore est contagieux : nous sommes dans la nef de l’Espace

Notre-Dame à Salins-les Bains, au transept face aux toilettes puis dans les chiottes,

objectivement c’est long mais ça passe vite, on rit et on pleure, on est ému et on voudrait

cogner, on est prisonnier des toilettes et on veut voir la mer, on n’en peut plus de tant de

merde et soudain on a une apparition céleste, les suicides nous heurtent mais la mort est

délivrance.

L’auteur nous le dirait mais je subodore que le choix des patronymes joue aussi de

l’opposition voire de la contrepèterie :

. Willy c’est le bien mignon diminutif de William, le petit Guillaume, mais il est bien loin

d’être mignon, ce jeune emmerdeur.

. Protagoras nous amène au philosophe antique de la famille des présocratiques et aux

sophistes, « l’homme étant la mesure de toute chose ». Agnostique et relativiste, ayant dû

fuir la cité à cause de ses idées, il reste actuel par certains de ses aspects. Il est philosophe

en tout cas et ne manque pas de réfléchir. Quand on voit la gueule du père Protagoras dans

la pièce et sa délicatesse insigne, cela ne laisse pas de nous faire rêver.

. C’est dans le nom de la famille Philisti-Ralestine que je veux détecter la contrepèterie de

l’auteur libanais en songeant aux philistins de l’antique Palestine et au rififi en Palestine.

Sur qui occupe le territoire de qui aujourd’hui ou sur ce que sont les alliances vraies ou

fausses dans l’actuel Moyen-Orient, je ne saurais rien dire. Ces questions sont trop sérieuses

ou douloureuses pour être abordées par un béotien.

Je sais néanmoins qu’être traité de philistin n’est pas vraiment un compliment.

Lorsque l’auteur Wajdi Mouawad – qui a fait montre d’encouragements et de sympathie à

l’égard de la Compagnie Coloquinte – viendra la rencontrer, nous serons là avec plaisir pour

le remercier et obtenir réponses à nos questions.

Bravo la Compagnie !

Hubert Moreau

26 novembre 2016

Merci Hubert pour ces beaux mots qui nous vont droit au cœur !!

Discours du président aux membres de la compagnie (22/01/2016)

Coloquintes, Coloquintes

En ce 22 janvier 2016 et en tant que Président de la Compagnie COLOQUINTE et en tant qu’ex enseignant des sciences dites naturelles et notamment de la science botanique, je me devais de me fendre d’un discours fondateur de notre Compagnie afin de maintenir le cap et de souder dans la fraternité et la sympathie cette amitié que nous connaissons, pour certains, depuis maintenant treize années.

Vous aurez compris qu’il s’agit du symbole même de notre Compagnie, de cette plante à la fois belle et toxique, boursoufflée de pustules et à jamais inscrite au firmament du théâtre amateur franc comtois et voire plus. Je veux parler de la COLOQUINTE que notre ami, et néanmoins mari de Roselyne, a su dans des textes désormais inscrits au Panthéon de notre Blog, a su disais-je, faire ressortir toutes les significations génératrices de notre philosophie du théâtre, comme dirait l’autre.

La COLOQUINTE fait partie de la grande famille des Cucurbitacées et je m’en voudrais ici  de décortiquer le mot tant il porte à caution voire à rire. Non, point de billevesées et autres jeux de mots bolardiens.

Je préfère en ce jour du 22 janvier 2016 qui, je n’en doute pas fera date pour notre Compagnie, vous décerner à tous un représentant de la Famille des  cucurbitacées, représentant personnel et non échangeable qui sera désormais votre totem et votre porte bonheur.

J’espère que vous aurez à cœur de porter haut et fort ce totem qui représente désormais les valeurs de la Compagnie COLOQUINTE et dont la fierté, n’en doutons pas, rejaillira au firmament du Théâtre franc comtois et maintenant bourguignon.

Vive la COLOQUINTE, vivent les Cucurbitacées, vive Moi !!

André COURGETTE

Désormais les Membres Comédiens de la Cie COLOQUINTE sont (par ordre alphabétique) :

André Courgette – Brigitte Citrouille – Bruno Giraumon – Chloé Concombre – Élise Chayotte – Fred Pastèque – Geneviève Cornichon – Isabelle Butternut – Jean Louis Potimarron – Jean Pierre Pâtisson – Jean Pierre Courge – Jean René Melon – Rose Patidou – Sylvie Potiron.

Réponse d’Hubert Moreau :

Monsieur le Président Courgette,

Retenu par d’autres préoccupations, je n’ai découvert que fort tardivement votre important discours du 22 janvier 2016 aux cucurbitacées qui forment votre cour, votre jardin et votre compagnie.

Je constate avec plaisir que les effets annoncés de la plante purgative que vous avez choisie comme emblème et dénomination sont une fois de plus avérés. J’apprends en effet que Willy sera enfermé dans les toilettes durant presque tout le mois de novembre.

Une évidence s’imposait, vous n’êtes pas passé à côté : lorsque M. Willy Protagoras va à la selle c’est à Salins que ça se passe.
Donnerez-vous ensuite des représentations à Saumur(e), puis dans la cuvette de Fayence et à La Celle Saint Cloud  ?

Bien à vous.

H M

QUELQUES RÉACTIONS APRÈS REPRÉSENTATIONS :


Le lendemain du 3 mai 2015, jour de la représentation Harry au Petit Kursaal, notre ami Hubert Moreau (merci à lui) nous envoie ce petit poème/commentaire élogieux :

ON RIT DE TOUS CES ÉBATS

Une pute à cinquante
La totale à deux-cents
Bien attaché d’abord
Et puis fouetté … encore !
C’est cher, nom d’une pipe
De quoi faire la lippe.

Le mâle dit son dégoût
Car il n’a plus le sou,
La femme à ses côtés crie sa sororité
Pour la gent féminine
Qu’un Harry assassine.

Pourtant dimanche soir
Il nous fut bon de voir
Pour dix euros tout ronds
Un spectacle très bon.

Pendant deux heures c’est vif,
Bien réglé, inventif,
Bourré de psys comiques,
De diable fantastique,
D’écrivain épuisé,
De flash-back annoncés.

Les fantasmes pullulent,
Les névrosés s’enculent
Ou rêvent de le faire
En faisant des prières.

Tout y est de Woody :
Les femmes et le non-dit,
L’Amérique et le fric,
La baise et le trafic,
Les parents, les enfants,
Les athées, les croyants,
Les profs du campus
La question du prépuce,
La mère juive amère
Coincée comme le père.

Retrouvant Coloquinte
Notre joie n’est pas feinte,
Aller vous applaudir
Est toujours un plaisir.
Un mot pour résumer :
C’est inventivité.

H.M., le 5 mai 2015

A la suite de la représentation du samedi 13 avril  2013, un admirateur passionné, toujours notre ami Hubert Moreau,  nous a envoyé ce message enflammé :

Des portes de l’enfer
A moins que ce ne soit
Du paradis souhaité
Des limbes incertaines
Dans le néant plongé
Feu Monsieur Louis
Observait hier en matinée
La Coloquinte troupe
De prétendants acerbes
Aux propos corrosifs
Aux haines bien recuites
Aux garces des deux sexes.

Pour plagier l’adjointe
Pourtant si distinguée
Je ne dirai qu’un mot
Oui, oui je serai bref :
« Mais bon Dieu de bon Dieu
De bordel de merde
Ça commence à faire chier
De voir ainsi ma veuve
  Être par tous moquée
Les procédures bafouées
Les injures voler
Les époux s’engueuler
Les parleurs s’écouter
Les vamps s’exhiber
Les malades exploser
Les alcoolos tanguer ».

Vous nous avez fait rire
On les a bien ciblés
Les vicieux, les tarés
Cultureux, politiques.
Pire, il en est d’aucuns
Qui se sont reconnus.

Buffet ! Bravo !

Hubert Moreau alias M. Louis

 

Une réponse à A – Présentation + courrier

  1. MARION Jocelyne dit :

    J’ai assisté à la représentation que vous avez donnée au Kursaal le 22 mars et j’ai été emballée. Mes propos ne seront pas aussi poétiques que ci-dessus, mais je voudrais vous féliciter de tout cœur. J’aime énormément le théâtre et j’avais déjà vu plusieurs pièces de JL Lagarce mais je ne connaissais pas celle-ci. Je n’avais pas passé une aussi bonne soirée théâtrale depuis longtemps, déçue pas les pièces que je peux voir depuis quelques années. J’ai apprécié également la mise en scène et je n’arrivais pas à croire que vous êtes des amateurs car vous jouez vraiment aussi bien si ce n’est mieux que des pros. Je félicite tout particulièrement l’actrice qui joue la représentante de la mairie, elle est vraiment exceptionnelle et j’aimerais bien savoir comment elle fait pour retenir ce texte aussi dense et le dire comme s’il s’agissait de son propre discours. Pourriez-vous me tenir au courant de vos prochaines représentations, j’y retournerai volontiers ou y enverrai des amis. Félicitations à tous. Jocelyne